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Il existe dans l’histoire de chaque peuple, des moments cruciaux, des moments où certains de ses dignes fils puisent dans leur être profond, les réserves nécessaires, le courage et la dignité de dire non au pouvoir en place. Des hommes et des femmes qui sont prêts à sacrifier leur vie pour le prix de la liberté, la justice et la démocratie.
Des hommes et des femmes que la nature offre si rarement aux peuples et qui ont envie que leur passage sur terre ne soit une simple aventure faite de bêtises, de lâcheté et de paresse humaines. Des hommes et des femmes qui ne peuvent pas accepter que l’honneur et la dignité du peuple ne soient livrés de la façon la plus sordide qu’il soit aux chiens. Des hommes et des femmes qui veulent montrer que leur naissance sur ce sol béni n’est pas un hasard. Cette terre a toujours été une terre de courage et de combattants. Des gens se sont battus, corps et âmes pour la république. Quand l’inde applaudissait le mahatma Gandhi, la nature nous a offert Serigne Touba, Maodo ou Seydina Limamou. Quand la France avait De Gaule, nous avions Mamadou Dia. Quand les Sud Africains avaient Mandela, nous avions Waldiodio Ndiaye. Quand la France chantait Jeanne D‘Arc, nous pleurions les femmes de Nder. Serigne Touba et Maodo ont redonné à ce peuple sa foi perdue, ils ont été des socles sociaux, des faiseurs d’hommes et d’avenir. Ils ont sacrifié leur vie pour notre dignité, notre honneur et pour l’amour de cette terre. Le premier a été déporté pendant plusieurs années dans les îles gabonaises, loin de sa famille, de son pays avant d’être mis en résidence surveillée. Maodo fut convoqué dans le bureau du gouverneur pour s’expliquer sur ses activités religieuses. L’entretien va durer toute la journée. Il avait laissé ses compagnons à l’entrée de la résidence. A sa sortie la nuit tombée, ils avaient tous pris la poudre d’escampette, convaincus que leur maître était tombé dans les mains du colonisateur. Mais la solitude fait les combats de la vérité. Elle les caractérise, même si elle les rend plus durs. En répondant à une provocation du général De Gaule lui reprochant sa non commodité Mamadou Dia affirmait avec fermeté que l’intérêt du peuple sénégalais était sa priorité même devant celui de la France. Son courage et son patriotisme lui voudront 12 années de prison. Il perdra la vue à sa sortie. Le natif de Sokone fait partie de ses denrées rares que la nature a offertes au peuple sénégalais. Vous avez sans doute compris, que je veux citer par là, la plume du peuple, Abdou Latif Coulibaly. Il est devenu la voix de ceux qui n’ont plus de voix. La voix de ceux qui se sont tus par peur, par lâcheté ou par désespoir. Il est sans aucun doute l’un des journalistes les plus brillants de sa génération. C’est un intellectuel debout, courageux, la plume ferme, bref un ouvreur de vérité. A travers sa personne, c’est toute la dignité du peuple sénégalais qui s’exprime. On a la fâcheuse habitude dans ce pays de rendre hommage qu’aux morts et de vénérer les médiocres de la société, je ne pourrai cautionner cette façon de faire. On trouvera dans chaque peuple, des gens qui vendront leur dignité et leur honneur, pour des biens matériels de la vie ou encore pour des privilèges. Mais heureusement que la nature n’est pas aussi radine qu’on le pense. Depuis 1999 avec la sortie de son premier ouvrage intitulé « le Sénégal à l’épreuve de la démocratie », fruit de plusieurs années de recherche sur le régime socialiste, jusqu’à son dernier chef d’œuvre consacré au plus grand scandale financier de l’histoire de notre pays, la gestion de l’Anoci, Latif aura eu le mérite d’être celui qui posa les débats, apporta la lumière pour la communauté, et inviter le reste des intellectuels à en faire de même.
DIOME Serigne |