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| SURVIE- POUVOIR POLITIQUE AU SENEGAL |
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Le cas de beaucoup de nos hommes politiques, est à cet égard exemplaire. Ils n'ont pas hésité, à briguer un second voire plusieurs mandats, à la tète du secrétariat national de leurs partis, soit à sa présidence, quitte à occulter au public le plus longtemps possible les progrès de leur maladie. Il ne s'agit pas ici de porter un jugement sur cette attitude, mais bien plutôt de la réinscrire dans une normalité du pouvoir qui a été mise en évidence dans les analyses des uns et des autres. En dessinant la figure du despote, nous tenterons de le définir comme celui qui tient le danger à distance par tous les moyens. Sa puissance consiste dans le droit de vie ou de mort qu'il est seul à détenir. C'est ainsi, qu'il tient la mort à distance et de là, vient la vénération dont il se trouve entouré. Le despote est par nature paranoïaque, répété souvent On pense à DANSOKHO, NIASS, WADE etc. ...et à tant d'autres, dirigeants ou leaders politiques qui se sont illustrés sur la scène politique nationale. Mais allons plus loin, ce que nous entendons montrer, c'est que par- delà les dérives individuelles- les méchants ou très méchants dirigeants, il y a une adéquation forte entre puissance et survie. L'instant de survie est instant de puissance. Si l'on tire toutes les conséquences de cette proposition, cela signifie que tout pouvoir a partie liée avec la vie de l'autre, en tant qu'il est toujours menace potentielle pour celui qui détient la puissance. L'autre est obstacle au déploiement de mon persévérer dans l'être et à ma propension à prolonger l'instant de puissance, le pouvoir doit écarter de sa route l'obstacle. Dans un régime despotique, cela amène à supprimer les opposants. En démocratie, il s'agit simplement de les défaire, les exemples ne manquent pas au Sénégal depuis SENGHOR, pour illustrer de telles affirmations. Mais d'un point de vue anthropologique plus général, ce qui est en jeu, c'est la possibilité pour le pouvoir d'assurer sa propre pérennité en utilisant les ressources-violentes ou pacifiques, dont il dispose. Il est intéressant, de noter que la plupart des sociétés confrontées à ce phénomène ont tenté de le circonscrire. On observe à cet égard deux grands types de réaction: l'une consiste à neutraliser l'équation pouvoir= survie, l'autre vise à s'en assurer la maitrise par des normes et des symboles. Dans les sociétés dites acéphales, les anthropologues ont montré que si certains individus peuvent accéder à des responsabilités, jouer le rôle de médiateur, ou même faire fonction de coordinateurs des activités collectives, il n'est pas question cependant que s'institue un pouvoir reconnu comme tel. La notion de chefferie dont on a affaibli ce genre de fonction fait problème car elle implique l'exercice d'une véritable coercition de la part d'un membre de groupe à l'égard de ses congénères. Or, comme nous l'avons observé à propos des sociétés amazoniennes, l'initiative du présumé chef est en fait des plus limitées-il n'est pas en mesure de capter du pouvoir et peut à tout moment perdre le peu de qui lui est reconnu. Pape Keïta, Chroniqueur Senpolitique |
L'une des grandes préoccupations de nos dirigeants, consiste à assurer leur survie dans cet univers sans pitié. Ils cherchent, par tous les moyens, à préserver dans leur etre-d'ou cette incapacité souvent constatée à passer le relais, à d'autres, d'ou cette réticence à s'effacer, même s'ils se savent physiquement déficients.